BOUVARD ET PÉCUCHET
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Bouvard et Pécuchet - Brouillons, vol. 2, folio 92
                                                               A.
Les deux visiteurs s'en allèrent
                                                         charmait        Leur décision fut prise
Tout ce qu'ils avaient vu les ch enthousiasmait. Ils appliqueraient suivant
                                                            enchantait
sur leur domaine                              ut
leurs forces
, les belles* méthodes employées par Mr le Cte.
Dès le soir, ils tirèrent de leur bibliothèque les quatre volumes de la maison rustique
se firent expédier les Annales de Roville, le cours de gasparin, d'autres ouvrages
encore, et s'abonnèrent à un journal d'agriculture.
Plus se rendre aux foires plus commodément ils achetèrent une carriole que
Bouvard conduisait.
Habillés d'une blouse | bleue | avec un chapeau à larges bords, des guêtres
jusqu'aux genoux & un bâton de maquignon à la main, ils rôdaient autour des
bestiaux, questionnaient les laboureurs, buvaient du gloria dans les cabarets
et ne manquaient pas d'assister à tous les Comices Agricoles.
Bientôt ils fatiguèrent Mtre Gouy de leurs conseils, déplorant principalement son
système de jachère. Mais le fermier ne démordit pas de sa routine. Il demanda la
remise d'un terme, sous prétexte de la grêle. Quant aux redevances, il n'en fournit
aucune. Devant les réclamations les plus justes, sa femme poussait des cris. Enfin
Bouvard déclara son intention de ne pas renouveler le bail.
Dès lors Mtre Gouy épargna les fumures, laissa pousser les mauvaises herbes
ruina le fond.
Avant de partir, il voulut enlever les tous les engrais. Mais Pécuchet arrêta
ses chevaux par la bride, en le menaçant de la justice. – & Mtre Gouy s'éloigna
d'un air farouche qui indiquait des plans de vengeance. 
                                           trente                                                      huit fois
Bouvard avait pensé que vingt mille francs, c'est à dire plus de quatre fois
le prix du fermage suffiraient au début. Son notaire de Paris les envoya. [ d'ailleurs
il comptait sur des bénéfices prochains ]
Leur
Leur exploitation comprenait
Ils avaient à exploiter quinze hectares en cours et prairies, vingt-trois en terres arables
et ving en friches, situés sur un monticule couverts de cailloux & qu'on
appelait la butte.
Ils se procurèrent tous les instruments indispensables, quatre chevaux, douze vaches
                          cent quarante    soixante
six porcs, cent dix hu cent quatre- vingts moutons, et comme personnel, deux                 
                                                         et
charretiers, deux femmes, un valet, un berger ; de plus un gros chien.
Le jour de leur installation, ils dînèrent dans la cuisine, avec les domestiques
& Pécuchet fit une harangue pr leur inspirer de bons sentiments.
[Transcription de Nicole Sibireff.]