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Sommaire Revue n° 12
Revue Flaubert, n° 12, 2012 | Gustave avant Flaubert : les années de jeunesse à l’Hôtel-Dieu de Rouen.
Numéro dirigé par Joëlle Robert.

Hallucinations et création littéraire chez Flaubert

Chiara Pasetti
Enseignante, chercheuse et critique littéraire
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Cet article montre comment la maladie nerveuse de Flaubert, qui s’est déclarée en 1844, a influencé son art. On analyse les deux lettres à Taine dans lesquelles Flaubert distingue l’hallucination « proprement dite », ou hallucination pathologique, de ce qu’il appelle l’«hallucination artistique », c’est-à-dire un état intermédiaire entre la rêverie et l’hallucination, qui saisit l’artiste quand il est en proie à l’inspiration. Cette étude, qui s’appuie sur un choix d’extraits des textes de Flaubert depuis sa jeunesse, montre qu’il a toujours décrit des états hallucinatoires, bien avant la première manifestation de sa maladie de nerfs. Nous proposons l’hypothèse d’une hystéro-épilepsie et non d’une épilepsie dont le siège se situerait dans le lobe temporal de l’hémisphère cérébral gauche, comme le dit Gastaut. Après la première crise, Flaubert a commencé à éprouver des troubles de la vision (très proches de la migraine avec aura), qu’il a donc « prêtés » à son art. Dès ce moment, ses descriptions des états hallucinatoires sont marquées par la maladie : elle leur a donné ses caractéristiques « flamboyantes ». Une expérience pathologique s’est transformée en expérience esthétique qui a rendu son art si original et unique dans le domaine de la littérature française du XIXe siècle. Son « réalisme », que nous pourrions qualifier d’« hallucinatoire », vient en partie de son expérience de vie, laquelle lui a permis d’éprouver personnellement de « curieux phénomènes psychologiques, dont personne n’a idée, ou plutôt que personne n’a sentis ».



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