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Sommaire Revue n° 13
Revue Flaubert, n° 13, 2013 | « Les dossiers documentaires de Bouvard et Pécuchet » : l’édition numérique du creuset flaubertien.
Actes du colloque de Lyon, 7-9 mars 2012

Numéro dirigé par Stéphanie Dord-Crouslé

Vertige et quête de maîtrise : Flaubert et le Dr Charles Le Fèvre

Florence Vatan
University of Wisconsin-Madison
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Flaubert a pris 34 pages de notes détaillées de l’ouvrage posthume Reliquiae (1851) du Docteur Charles Le Fèvre, médecin hypocondriaque qui s’est suicidé en 1847 à l’âge de 44 ans. Ces notes révèlent son intérêt – mêlé de sympathie – pour un compagnon d’infortune qui partage son perfectionnisme, son goût de l’encyclopédie, son expérience exacerbée de la douleur et son nihilisme existentiel. Elles témoignent aussi d’une curiosité clinique pour les symptômes de l’hypocondrie et pour ses manifestations dans l’écriture. Flaubert se montre toutefois critique vis-à-vis des prétentions littéraires de Le Fèvre. Il rejette également la conception déterministe et physiologique de la volonté que Le Fèvre élabore dans sa thèse médico-philosophique et qui dénie tout pouvoir à cette faculté. Alter ego pathologique, Le Fèvre n’a pas su trouver de refuge salvateur dans l’art et l’effort volontaire. La fascination de Flaubert pour ce médecin hypocondriaque offre un éclairage inédit sur les liens à la fois intimes et distants qu’il établit entre littérature, médecine et pathologie.

 

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Flaubert has taken 34 pages of detailed notes from a posthumous book Reliquiae (1851) by the Doctor Charles Le Fèvre, a hypochondriac physician who committed suicide in 1847 at the age of 44. These notes reveal Flaubert’s interest, and sympathy, for a fellow sufferer who shares his perfectionism, his taste for encyclopedia, his acute experience of pain, and his existential nihilism. They also show his clinical curiosity for the symptoms of hypochondria and its stylistic manifestations. Flaubert, however, criticizes Le Fèvre’s literary ambitions. He also rejects the deterministic and physiological interpretation of willpower which Le Fèvre develops in his medico-philosophical dissertation and which denies any agency to this faculty. As a pathological alter ego, Le Fèvre was unable to find salutary refuge in art and voluntary effort. Flaubert’s fascination with this hypochondriac physician sheds new light on the intimate and distant links which he establishes between literature, medicine, and pathology.



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