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Sommaire Revue n° 19
Revue Flaubert, n° 19, 2021 | Flaubert, le Dictionnaire et les dictionnaires
Numéro dirigé par Biagio Magaudda

Flaubert et les fraudes alimentaires : l’utilisation du Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires d’Alphonse Chevallier

Biagio Magaudda
Docteur de recherche en Philologie française
Chargé de cours à l’Université de Milan
Voir [Résumé]

1
Dans Bouvard et Pécuchet, roman resté inachevé à cause de la mort soudaine de Flaubert, la soif inépuisable de connaissance des deux protagonistes porte l’écrivain à s’engager dans une recherche monumentale, méticuleuse et obsédante qu’il n’avait menée pour aucune de ses œuvres précédentes. Il emploie deux ans (d’août 1872 à juillet 1874) à lire des ouvrages sur différents sujets, à prendre des notes, à interroger voire à harceler ses amis et correspondants pour recueillir le plus grand nombre possible d’informations, à visiter des musées, des bibliothèques, à commander de nombreux volumes et même à partir en voyage à la découverte d’indices susceptibles d’être intégrés dans sa documentation[1].

2
Dans l’un de ses carnets de travail, le Carnet 15[2], Flaubert opère un relevé précis des œuvres lues et annotées entre 1872 et 1874, soit plus de 200 titres appartenant à plusieurs disciplines : esthétique, politique, éducation, médecine, philosophie, physiologie, sciences, morale, politique, agriculture, religion, histoire. En août 1873, Flaubert écrit à Edma Roger des Genettes : « Savez-vous combien j’ai avalé de volumes depuis le 20 septembre dernier ? 194 »[3]. En juin 1874, il déclare avoir « lu et résumé 294 volumes ! »[4].

3
La bibliothèque de Flaubert[5] est bien pourvue en manuels, encyclopédies et dictionnaires concernant les différents domaines des connaissances humaines et répondant à des exigences bien précises de documentation. En particulier, les dictionnaires passés sur sa table de travail sont nombreux : pour en citer quelques-uns, le Dictionnaire général de la politique de Maurice Block qui sert à la préparation du chapitre VI de Bouvard et Pécuchet consacré à la politique et aux événements de 1848 ; les volumes du Dictionnaire des sciences médicales consultés pour le chapitre III du roman dédié à la médecine et aux sciences ; le Dictionnaire philosophique de Voltaire, annoté pour la rédaction du chapitre VIII portant sur la philosophie. Sans compter les différents dictionnaires de la langue française qu’il consulte régulièrement pour son travail de recherche du mot juste.

4
Parmi les ouvrages lus et pris en notes par Flaubert en 1873, le folio 6 du Carnet 15 mentionne un dictionnaire publié dans les années 1850 et traitant des falsifications et des fraudes alimentaires : le Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires d’Alphonse Chevallier. Nous allons nous intéresser aux notes que l’écrivain a tirées de cet ouvrage, conservées à la Bibliothèque municipale de Rouen sous la cote g 226, fos 7r-9v. On se demandera ainsi sur la base de quels critères Flaubert sélectionne les articles de ce gros dictionnaire en deux tomes, quelles sont les modalités de sa prise de notes et comment les informations recueillies sont finalement intégrées dans Bouvard et Pécuchet d’autant que ce groupe de manuscrits joue un rôle indéniable dans l’élaboration du dernier roman de Flaubert.

Flaubert et la question des fraudes alimentaires

5
Au milieu du XIXe siècle, on assiste en France à l’essor des tricheries et des fraudes portant sur les boissons et les principales denrées alimentaires. Ce phénomène est lié certainement aux progrès scientifiques, à l’introduction de la chimie dans le secteur agroalimentaire mais aussi au début de l’urbanisation, qui encourage une certaine différenciation du produit afin de le mettre à la portée de tous. À cela s’ajoute certainement la cupidité de l’homme qui cherche, grâce aux fraudes alimentaires, à s’enrichir facilement en profitant des insuffisances de la législation de l’époque. Le commerce, en proie aux falsifications, ne permet plus au négociant de faire jouer la concurrence en toute transparence et c’est dans ce contexte qu’Alphonse Chevallier publie entre 1850 et 1852 un dictionnaire en deux tomes, où il décrit pour chaque produit ses usages, ses altérations et ses falsifications, sans oublier les faits divers contemporains très connus auxquels il est lié. Son but, comme il l’explique clairement dans la préface de son ouvrage, est de donner à tous les négociants les moyens de reconnaître les substances alimentaires sophistiquées et altérées.

6
Flaubert s’intéresse à cette question et, entre le 24 février et le 3 mars 1873, il emprunte à la Bibliothèque nationale le Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires d’Alphonse Chevallier. Mais comment Flaubert a-t-il connu cet ouvrage ? A-t-il demandé des renseignements ou des conseils à quelques spécialistes ou à ses amis comme il avait l’habitude de le faire ?

7
Il est probable que Georges Pennetier, médecin spécialiste de la détection des fraudes alimentaires et directeur du Muséum d’histoire naturelle de Rouen à partir de 1872, a donné de précieux conseils à son ami Flaubert sur ce sujet car il connaissait certainement l’ouvrage. La Correspondance garde plusieurs traces de cette amitié solide : les lettres datant de 1875 à 1880 que nous avons consultées témoignent de ce rapport à la fois intime et intellectuel, voire professionnel, qui unissait Flaubert et ses amis Georges Pouchet et Georges Pennetier, ses conseillers scientifiques. L’écrivain normand a demandé plusieurs fois l’aide du médecin rouennais ; pour la préparation d’Un cœur simple, le 12 juillet 1876, Flaubert s’adresse à Georges Pennetier pour se renseigner sur les perroquets et connaître leurs maladies et leur comportement[6].

8
Il recevra une réponse positive comme le montre la Correspondance en date du 17 août 1876. En effet, Flaubert emprunte auprès de Georges Pennetier un perroquet « Amazon à front bleu » et plusieurs livres d’histoire naturelle consacrés aux oiseaux, dont un de Jean-Charles Chenu (1808-1879), chirurgien et professeur d’histoire naturelle et un autre d’Alcide d’Orbigny, spécialiste des oiseaux, comme l’indiquent clairement le registre des sorties du Muséum d’histoire naturelle de Rouen ainsi que la Correspondance[7].

9
En août 1877 l’écrivain lui demande encore de l’aide :

Mon cher ami
Je me suis présenté hier au muséum, pour vous voir, d’abord – & causer de deux ou trois points d’histoire naturelle, dont j’ai besoin dans mon interminable bouquin.
Je voulais aussi étudier qques roches de la formation jurassique. – (Il s’agit de la géologie du Calvados). Mais vos échantillons sont bien mal placés pr un myope. – D’ailleurs je n’avais pas ni manuel ni professeur. Je n’ai pu rien apprendre.
Dites-moi, je vous prie, le jour et l’heure où je puis abuser de vous[8].

10
Et même en mars 1880, deux mois avant de mourir, il revient vers lui pour chercher des renseignements sur les papillons et la botanique :

ave Outre les paons coïtant pourriez-vous m’apporter qque chose de très simple sur les Papillons & sur la Botanique. – Un ouvrage inepte me conviendrait. Il s’agit d’initier à ces deux branches de la Science des moutards ineptes[9].

11
En outre, la Correspondance nous renseigne sur les différents dîners donnés chez Pennetier ou chez Flaubert auxquels participe aussi leur ami Pouchet. Les trois compagnons passeront également des moments ensemble à Concarneau : « Mes compagnons Pennetier & Pouchet sont fort aimables – Nous prenons tous les jours des bains de mer ensemble »[10].

12
À la lumière de ces considérations, on peut avancer l’hypothèse que Flaubert a discuté avec son ami spécialiste des fraudes alimentaires et que ce dernier lui a conseillé l’ouvrage de Chevallier bien qu’aucune lettre de l’année 1873 ne permette d’en être sûr.

13
Comme Bénédicte Percheron le met bien en évidence dans une étude consacrée à Flaubert, aux naturalistes rouennais et aux théories biologiques entre 1865 et 1880[11], en 1873 l’écrivain aurait pu, en outre, consulter des ouvrages plus modernes concernant les fraudes alimentaires, les connaissances dans ce domaine ayant beaucoup évolué. Mais pour éviter des anachronismes dans Bouvard et Pécuchet l’écrivain a probablement préféré se référer à un ouvrage plus ancien comme celui de Chevallier datant de 1850.

14
Flaubert prend six pages de notes manuscrites sur ce dictionnaire, conservées à la Bibliothèque municipale de Rouen sous la cote g 226, vol. 1, fos 7r-9v. Sur le site des dossiers documentaires de Bouvard et Pécuchet[12], il est possible de consulter ces notes (les manuscrits et leurs transcriptions) mises en rapport avec l’édition exacte du dictionnaire consultée par Flaubert[13].

15
Pourquoi Flaubert a-t-il besoin de cet ouvrage et décide-t-il de le consulter et d’en tirer des notes ? En effet, il voudrait introduire dans la dernière partie du chapitre II de Bouvard et Pécuchet un épisode consacré aux fraudes dans les denrées alimentaires, comme en témoignent les plans et les scénarios du roman : les deux compagnons devront devenir spécialistes dans ce domaine et détecter les falsifications de certains produits.

16
Nous allons analyser les caractéristiques de ce groupe de manuscrits qui auront une importance cruciale dans l’élaboration du chapitre II de Bouvard et Pécuchet.

Le Dictionnaire des altérations et des falsifications des substances alimentaires d’Alphonse Chevallier :
les notes de lecture de Flaubert.

17
Le dictionnaire de Chevallier retient l’intérêt de Flaubert car il contient des éléments susceptibles d’être utilisés dans Bouvard et Pécuchet. En effet, ce titre apparaît dans deux listes d’ouvrages : dans le ms g 226, vol. 1, f° 2, qui présente une liste de volumes de la main d’Edmond Laporte, une sorte de table des matières du dossier « Agriculture » regroupant les ouvrages que Flaubert a effectivement consultés et pris en notes (v. figure 1) ; et dans le ms g 226, vol. 1, f. 242 (v. figure 2), une liste bibliographique très ancienne, contemporaine des premiers scénarios du roman, lorsque Flaubert cherchait des idées de livres à lire en fonction des intérêts successifs de ses personnages, tels qu’il les imaginait alors et tels qu’il les avait donc exposés à Laporte. En fonction de cela, Laporte a effectué de son côté des recherches bibliographiques et a relevé un certain nombre de titres qui pouvaient être intéressants. Dans cette liste du f° 242, Flaubert a coché les titres des ouvrages qu’il a effectivement recherchés et lus, comme le dictionnaire de Chevallier. Sur les autres volumes de cette liste nous n’avons pas retrouvé de notes de lecture et il est probable que Flaubert ne les a jamais utilisés.

 

 

Collections de la BM de Rouen

 

 

Collections de la BM de Rouen

 

18
Comment les articles du dictionnaire de Chevallier sont-ils traités par Flaubert ? Nous allons regarder de près les notes de lecture prises sur cet ouvrage et les choix opérés par l’écrivain.

Examinons les deux premières pages de ces notes (f° 7 et f° 7v) pour comprendre la nature de cette documentation et la méthode de travail de Flaubert.

 

 
Collections de la BM de Rouen

 

 

 

Collections de la BM de Rouen

 

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Flaubert respecte l’ordre alphabétique présent dans le Dictionnaire de Chevallier, les entrées sont disposées les unes en dessous des autres, dans la marge gauche de la page. À droite, tout comme dans l’organisation d’un dictionnaire, Flaubert parfois recopie, d’autres fois résume ou réélabore les informations qu’il trouve dans l’ouvrage, recréant ainsi une sorte d’article de dictionnaire. Il peut ajouter des sous-catégories comme dans le cas de l’article « Alcool », suivi par « rhum » et « nomenclature » (v. figure 3), reproduisant en quelque sorte la microstructure d’un dictionnaire, c’est-à-dire la manière d’organiser les différentes catégories d’informations à l’intérieur d’un même article.

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Certains articles ne semblent apparemment pas respecter l’ordre alphabétique dans le folio des notes mais en réalité leur place est exactement celle que l’on retrouve dans le dictionnaire. « Jujube » par exemple se situe entre « papier à filtre » et « petits pois » parce que, dans l’ouvrage de Chevallier, le titre complet de l’article se présente sous la forme « pâte à jujube ». Donc sa position est légitime et tout à fait correcte, simplement le mot vedette a été abrégé par Flaubert.

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L’écrivain prend parfois la liberté de modifier ou ajouter des détails aux informations contenues dans le Dictionnaire. En effet, à propos de la notice « Alcool » (f° 7), le dictionnaire de Chevallier indique que « ces mauvaises eaux-de-vie se vendaient en abondance dans les bas quartiers et les faubourgs de Rouen à raison de 2 centimes et demi le petit verre »[14]. Flaubert précise qu’elles se vendaient dans Martinville, une information qu’il connaît lui-même certainement et qu’il décide d’insérer dans ses notes (f° 7) :

 

Prenons encore en considération le cas des bougies stéariques dont l’odeur alliacée provoque des maladies selon le dictionnaire de Chevallier : Flaubert ajoute qu’elles causent des « maux de tête » qui ne figurent nulle part dans le dictionnaire (f° 7v).

Flaubert feuillète les deux volumes de Chevallier et choisit les notices sur la base des intérêts potentiels de ses futurs personnages. Les articles « alcool » (f° 7) et « vins » (f° 9 et f° 9v) sont ceux auxquels l’écrivain a consacré plusieurs heures de travail, comme le montrent les notes copieuses et détaillées prises sur ces notices. Dans ce cas-là, Flaubert s’arrête par exemple sur les catégories du produit, sur sa nomenclature, son altération, sa falsification et même sur quelques éléments historiques (v. « vins », f° 9v). D’autres articles occupent une seule ligne dans les notes et présentent rapidement la falsification du produit alimentaire comme dans « cidres » (f° 7v) ou « charbon de bois » (f° 7v) sans ajouter des détails supplémentaires. En outre, nous constatons qu’à côté d’articles concernant des aliments d’usage familier comme « farine », « fromage » ou « pain », nous en trouvons d’autres consacrés à des produits moins communs comme « galanga », « rhubarbe », « guano » ou « jujube » ; ce dernier éveillera particulièrement la curiosité de l’écrivain et deviendra (on le verra) l’objet d’une transformation génétique très intéressante, susceptible d’éclairer la méthode de travail de Flaubert.

Les références à la ville de Rouen sont fréquentes, on dirait que Flaubert recherche des épisodes, des faits divers qui ont animé les discussions et les débats des Rouennais dans la première moitié du XIXe siècle : dans le folio 7v il cite deux cas de viande avariée à Rouen (notice : charcuterie) ou encore dans le f° 8, à propos de la conservation du lait, il met l’accent sur une série de condamnations dans la ville.

22
Quant aux particularités graphiques, Flaubert commet, comme d’habitude, des erreurs d’orthographe ou de grammaire dans le recopiage des notes[15].

On remarque aussi des erreurs d’inattention dans la notation des pages comme dans l’article « guano » (f° 8r) : Flaubert indique qu’il repère l’information à la page 109 alors qu’elle se trouve à la page 409 du dictionnaire.

23
L’écrivain souligne les informations qu’il trouve particulièrement intéressantes et susceptibles d’être exploitées dans son roman. En outre, il utilise presque toujours les minuscules après le point, même avec les noms d’auteurs, et il abrège les mots selon sa méthode de travail[16].

24
Comment Flaubert recopie-t-il, résume-t-il et réélabore-t-il les informations du dictionnaire de Chevallier ? Quelles sont les modalités de prise de notes les plus courantes ? Nous allons répondre à ces questions en comparant le texte source de Chevallier avec les notes de l’écrivain.

Recopier, réélaborer, transformer : les modalités de prise de notes dans le dictionnaire de Chevallier

25
Selon sa méthode de travail, Flaubert opère une synthèse extrême des informations contenues dans les textes-sources consultés. L’ouvrage de Chevallier, qui est de nature encyclopédique et se compose de deux tomes, est résumé en six pages. Flaubert recherche les articles qui pourraient l’intéresser, il n’hésite pas dans le choix des notices, aucune rature n’étant présente dans ce groupe de manuscrits.

26
Mais quelle est la modalité de prise de notes préférée par l’écrivain[17] ? Flaubert a rarement recours au recopiage pur et simple de l’information, malgré l’aspect strictement technique d’un lexique appartenant au secteur de la chimie. Voulant connaître à fond ce sujet, l’écrivain qui cherche à comprendre le sens profond des articles, réélabore et synthétise les informations trouvées, il s’approprie ces contenus. Pour cela, Flaubert se sert majoritairement de la paraphrase qui entraîne la réduction ou l’élimination de certains éléments verbaux ou lexicaux qui peuvent modifier le contenu encyclopédique de la note et impliquer des divergences.

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Dans l’exemple suivant, Flaubert mélange deux informations sur le pain qui sont situées à deux endroits différents du dictionnaire, dans le corps du texte et en bas dans les notes : rien n’échappe à son appétit de connaissance, même les détails les plus anodins sont examinés :

Dictionnaire de Chevallier, tome II, p. 153-154
« L’excès d’eau que renferme la mie du pain de munition peut donner naissance à des altérations plus ou moins rapides et notamment à diverses sortes de moisissures. Dès 1819, M. le professeur Bartholomeo Bizio de Venise entreprit des recherches sur le développement anormal d’une matière rouge dans la polenta (1), observée d’abord à Léguara dans la province de Padoue et ultérieurement dans quelques autres parties de l’Italie ».
« Au mois d’août 1842 des pains de munition de la garnison de Paris de Versailles de Saint Germain et de quelques autres localités présentèrent inopinément une altération qui éveilla au plus haut degré les craintes de l’administration une portion de la mie surtout était recouverte d’une poussière rouge à odeur désagréable même repoussante ».

28
Dictionnaire de Chevallier, note au bas de la page 154 :

On a vu se développer sur le pain, sur les aliments de diverses natures, des taches d’un rouge vif qui ressemblaient parfaitement à des gouttes de sang. Ce fait a été observé à plusieurs époques 1819 un cultivateur de Léguara province de Padoue fut en voyant des taches de sang éparses sur de la bouillie de maïs faite de la veille. Son effroi redoubla lorsque plusieurs jours de vit des taches semblables se développer sur tous ses aliments frais du riz de la chair de veau du poisson des volailles bouillies et rôties.

29
Flaubert choisit les éléments principaux de la notice « pain » et les résume en trois lignes. Il manque un peu de précision car il cite les deux cas de falsification du pain à Versailles et à Padoue sans spécifier qu’il s’agit de deux périodes différentes (l’épisode de Versailles remonte à 1842 alors que celui de Padoue a eu lieu en 1819). En tout cas, les conclusions sont les mêmes : les taches rouges sur les aliments résultent d’un champignon, les autres particularités des effets de cette fraude alimentaire ne retiennent pas l’attention de l’écrivain :

 

F° 8

 

30
Dans l’exemple suivant, Flaubert modifie le lexique, change la structure de la phrase, réécrit avec désinvolture et sans hésitation l’information de Chevallier qui devient moins précise et plus générale dans la note de lecture :

 

31
Dictionnaire de Chevallier, t. 1, p. 350.

Si l’on consulte les annales judiciaires, on voit que la falsification des écritures, à l’aide d’agents chimiques, était déjà pratiquée au seizième siècle : on trouve, dans des ouvrages de cette époque, des notions sur l’emploi des acides et des alcalis pour faire disparaître l’encre.
Mais la découverte du chlore, la propagation des procédés chimiques dans toutes les classes de la société, la multiplicité des actes fruit de l’essor qui a pris l’industrie ont présenté un concours de circonstances favorables au développement de l’art du faussaire.

F° 7v

 

32
Flaubert met l’accent sur la falsification des aliments mais parfois son exigence de synthèse peut créer des problèmes de compréhension chez le lecteur des notes qui devra recourir au texte source pour mieux saisir le sens de l’information, comme dans la notice « Sangsues » qui fait référence aux expériences faites par une commission composée par Orfila, Serres et Soubiran :

 

F° 8v

33
C’est le détail original et attrayant qui suscite l’intérêt de Flaubert. À propos de la notice « Blanc de baleine » le dictionnaire indique que ce produit est falsifié avec la cire, le gras de cadavres et les matières graisseuses. Flaubert ne garde que le gras de cadavres qui peut, à son avis, attirer davantage l’attention des lecteurs.

 

F° 7

34
Nous allons nous arrêter maintenant sur l’usage des guillemets dans ce groupe de manuscrits. Généralement utilisés pour mettre en relief l’importance de certains énoncés ou fragments, les guillemets sont plutôt rares dans ces notes de lecture. Ils encadrent le plus souvent ce qui est en italique dans le texte source comme le mot « avancé » dans l’article « Fromage » :

 

F° 7v

35
Le terme « avancé », entre guillemets dans les notes flaubertiennes, est en italique dans le dictionnaire de Chevallier :

 

36
Dictionnaire de Chevallier, tome I, p. 381.

On a aussi mêlé au fromage de la mie de pain dans le but d’y faire naître des moisissures qui donnent à ce comestible une couleur marbrée.
Certains auteurs ont prétendu que quelques marchands à Paris arrosaient le fromage de Brie avec de l’urine pour lui faire acquérir plus promptement une saveur et lui donner l’aspect de fromage avancé. Jusqu’à plus ample informé, nous nous plairons à douter de cette dégoûtante et honteuse manipulation.

37
Il en va de même pour la notice « lait ». Flaubert recherche dans le dictionnaire un détail – qui se trouve dans les notes de bas de la page – et qui concerne l’excuse d’un condamné, fournisseur des hospices à Rouen, coupable d’avoir altéré le lait en y ajoutant de l’eau. Dans le texte source, l’excuse apparaît en italique alors que, dans le f° 8 des notes de Flaubert, elle est encadrée par des guillemets.

 

38
Dictionnaire de Chevallier, tome II, p. 11

1. En 1844 le tribunal de simple police de Rouen condamna chacun à 10 francs d’amende et aux frais, des marchands de lait des deux sexes, accusés d’avoir vendu du lait allongé d’eau. L’excuse de l’un d’eux des hospices consistait à établir que la mortalité des malades était plus grande depuis qu’on leur fournissait du lait sans eau.

F° 8

39
Les guillemets peuvent introduire aussi une dénomination comme dans ces exemples appartenant aux articles « poivre » et « sel » :

 

F° 8v

À la place des guillemets, Flaubert préfère souvent souligner les fragments textuels qui attirent son attention comme dans le f° 8  :

 

Les notes prises sur le dictionnaire de Chevallier privilégient parfois la schématisation et l’énumération, surtout quand il s’agit d’informations techniques privées d’anecdotes. Dans ce cas, la réélaboration est moindre car l’écrivain se borne à recopier les parties de la notice qui lui apparaissent les plus significatives. Prenons en considération les articles « farine » (f° 7v) et « vins décomposés » (f° 9) où Flaubert recopie les données en supprimant ce qui est inutile selon lui.

 

F° 7v

 

F° 9

40
Comme nous avons pu le remarquer, Flaubert fait un travail personnel et original qui exige une grande précision, de la persévérance, de la patience : le dictionnaire de Chevallier lui donnera des réponses et des éléments intéressants de réflexion qui seront développés dans les brouillons rédactionnels et parviendront jusqu’à la version définitive du roman.

Articles de dictionnaire et fiction littéraire

41
Le passage du chapitre II que je me propose d’analyser pour montrer la fictionnalisation d’un article de dictionnaire est le suivant :

Ils se transportèrent à Falaise, pour demander du jujube ; et sous les yeux mêmes du pharmacien soumirent sa pâte à l’épreuve de l’eau. Elle prit l’apparence d’une couenne de lard, ce qui dénotait de la gélatine[18].

42
Il s’agit un court extrait qui a demandé des efforts considérables au romancier comme nous allons le montrer à travers l’étude des brouillons. Dans le Dictionnaire d’Alphonse Chevallier l’entrée « Pâte de jujube » comporte cette définition :

 

43
Dictionnaire de Chevallier, tome 2, p. 180

M. Stanislas Martin a trouvé de la pâte de jujube contenant de la gélatine au lieu de gomme. Nous avons fait des essais sur cette pâte, et nous avons reconnu avec M. Girard, qui nous l’avait fournie, que la pâte où il entre de la gomme se dissout dans l’eau, et que la pâte à la gélatine ne s’y dissout pas ; elle a l’apparence d’une couenne de lard.

Voici la note de Flaubert contenue dans le f° 8v : Flaubert sélectionne les informations en recopiant les parties de la notice qui lui apparaissent les plus significatives.

 

 

44
Les premières traces de cette notice se trouvent dans le brouillon rédactionnel f° 199r :

 

 

45
(Bouvard et Pécuchet – Brouillon, cote g 225, vol. 2, f. 199r[19])

 

46
Flaubert recopie la définition de « jujube » reportée dans ses notes mais la phase de réélaboration et d’expansion du texte a déjà commencé comme l’indiquent les ajouts interlinéaires en bleu. Ce folio est particulièrement intéressant parce qu’il nous montre clairement comment une notice de dictionnaire peut générer un texte susceptible de faire partie de la fiction littéraire : les embryons de la séquence sur les fraudes dans les denrées alimentaires sont tous présents et la proposition « Ils firent exprès un voyage à Falaise pr acheter du jujube & demandèrent au pharmacien une cuvette pleine d’eau… » marque l’entrée dans l’univers fictionnel.

 

Dans les folios f° 206v et f° 198 Flaubert continue son travail d’expansion et de recherche du mot juste, dont témoignent de nombreuses ratures : « Ils firent un voyage » est remplacé par « Ils se transportèrent », « demandèrent au pharmacien une cuvette d’eau » est supprimée en faveur de « sous les yeux du pharmacien le mirent dans une cuvette pleine d’eau », etc.

 

 

47
(Bouvard et Pécuchet – Brouillon, g. 225, vol. 2, f° 206v[20])

 

 

48
(Bouvard et Pécuchet – Brouillon, g. 225, vol. 2, f° 198[21])

 

49
Au fur et à mesure que l’on avance vers le manuscrit définitif, le texte subit une contraction selon la méthode habituelle de l’écrivain. À partir du f° 210v la séquence prend forme et ressemble de plus en plus à la version définitive que nous lisons dans le texte publié.

 

 

50
(Bouvard et Pécuchet – Brouillon, g. 225, vol. 2, f° 210v[22])

 

 

51
(Bouvard et Pécuchet – Brouillon, g225, vol. 2, f° 196[23])

 

52
(Bouvard et Pécuchet – Brouillon, g225, vol. 2, f° 355v[24])

 

53
Ce petit passage a un rôle narratif important dans le chapitre II : il s’agit d’un succès, d’une épreuve réussie qui motive les deux bonshommes et les incite à continuer dans cette direction : « après un triomphe, rien ne leur semblait impossible » remarque Flaubert dans le brouillon f° 199, ou encore « leur orgueil ne connut plus de limites » dans le f° 206v. Néanmoins, leur succès ne dure pas longtemps : après la fabrication de la « bouvarine » (imbuvable) les deux amis feront exploser l’alambic.

54
Le processus d’écriture peut se résumer de la manière suivante : Flaubert sélectionne et prélève avec rigueur dans les textes sources des éléments lexicaux appartenant à un domaine spécifique du savoir, il note les définitions en leur apportant quelques variations et abréviations et les transfère dans l’écriture fictionnelle. Aussi les notices des dictionnaires consultés par Flaubert contiennent-elles les embryons de la création littéraire.

55
Cependant, « Jujube » est un article qui a eu la chance de survivre au travail de l’écriture jusqu’à devenir fiction. Car les plans, les scénarios et les brouillons du roman nous montrent que d’autres articles de dictionnaire auraient pu suivre le même chemin mais ils ont été supprimés à une étape antérieure de l’élaboration du roman.

56
En effet, l’étude des brouillons de Bouvard et Pécuchet nous révèle qu’à l’origine, d’autres éléments du dictionnaire faisaient partie de la séquence précédemment citée : les bougies qui exhalaient une odeur d’acide arsénieux ou d’ail, le chocolat falsifié avec du baume de Tolu, du benjoin ou des amandes, les feuilles de thé colorées avec des sels de cuivre.

57
Je cite ci-dessous les notes de lecture prises sur le Dictionnaire de Chevallier :

 

F° 7v

 

F° 9v

 

58
Dans les brouillons rédactionnels (voir par exemple les folios f° 206v et f° 198) ces notices apparaissent toutes d’une manière explicite et facilement repérable :

 

 

 

59
Nous remarquons que Flaubert hésite sur l’ordre des mots, sur le mot juste à insérer : les différentes ratures et biffures témoignent de ce moment de doute et de profondes réflexions de la part de l’écrivain. L’information sur la farine « contenant des cryptogrammes comme à la manutention de Versailles » est curieuse et intéressante : c’est un détail qui provient du dictionnaire de Chevallier mais dont les notes de lecture ne portent aucune trace. On peut imaginer que le romancier a ajouté l’information dans un second temps, en la puisant directement dans le dictionnaire sans passer par l’étape des notes. Flaubert reprend maintes fois ce détail avant de l’abandonner dans la version définitive du chapitre.

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Quant aux bougies, exhalaient-elles une odeur d’acide arsénieux ou d’ail ? Flaubert hésite sur cette question avant de la supprimer. En ce qui concerne la falsification du chocolat, les différentes phases de l’écriture montrent que Flaubert n’a pas encore décidé : l’épicier adultérait-il le chocolat avec du baume de Tolu ? Avec du benjoin ? Ou avec des amandes ? Finalement il préfère ne pas indiquer l’agent de la falsification comme le montre la version définitive de l’œuvre. L’information sur la couleur verte des feuilles de thé est supprimée au cours de l’écriture et en effet elle ne figurera pas non plus dans le roman.

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Ces brouillons nous révèlent donc un univers caché et intrigant, les idées de l’écrivain qui n’ont pas vu le jour, ses doutes, ses craintes, les dilemmes rencontrés au cours de l’élaboration du chapitre. Plusieurs notices ont suscité l’intérêt de Flaubert mais finalement l’écrivain a dû faire des choix. L’ouvrage de Chevallier a été d’une manière indéniable une source importante d’informations précieuses qui ont participé de la genèse littéraire du chapitre II de Bouvard et Pécuchet.

 

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L’« homme-plume » Flaubert a établi un rapport aux multiples facettes avec les dictionnaires, objets précieux, utiles et captivant à ses yeux. Consulter et saisir le sens profond d’ouvrages spécialisés et riches en informations relevant de tous les champs du savoir est une entreprise ardue qui exige, de la part de Flaubert, du labeur, de la persévérance, de la hauteur. L’angoisse de l’inachèvement, la peur de l’insuccès et des difficultés accompagnent l’écrivain tout au long de sa recherche documentaire. La Correspondance en témoigne à plusieurs occasions : « Je commence enfin Bouvard et Pécuchet ! Je m’en suis fait le serment ! Il n’y a plus à reculer ! Mais quelle peur j’éprouve ! Quelles transes ! Il me semble que je vais m’embarquer pour un très long voyage, vers des régions inconnues, et que je n’en reviendrai pas »[25] écrit-il à Tourgueneff le 25 juillet 1874.

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L’étude des notes prises sur le Dictionnaire d’Alphonse Chevallier a été très éclairante et enrichissante car elle nous a fait comprendre comment Flaubert traite les informations recueillies dans les ouvrages consultés, en particulier dans les dictionnaires : l’écrivain entre en symbiose avec cet univers livresque, s’approprie ses lectures et à travers plusieurs phases de réécriture et de réélaboration nous assistons à la mise en fiction des éléments sélectionnés dans les notes de lecture.

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Flaubert, amoureux des encyclopédies et des dictionnaires, est un chercheur cultivé et assoiffé de connaissances : chez lui, même un article de dictionnaire peut donner lieu à un mouvement créatif extraordinaire qui nous surprend, nous intrigue et petit à petit nous dévoile les mystères et les secrets cachés derrière la genèse d’une œuvre.

 

 

NOTES

[1] À propos du travail de recherche et de documentation mené par Flaubert voir : B. Magaudda, « Le savoir politique dans le chapitre VI de Bouvard et Pécuchet », Revue Flaubert, n.  11, 2011 :
https://flaubert.univ-rouen.fr/revue/article.php?id=88.
[2] Carnets de travail de Gustave Flaubert, édition de Pierre Marc de Biasi, Paris, Balland, 1988.
[3] G. Flaubert, Correspondance, t. IV, éd. Jean Bruneau, Paris, Gallimard («Bibliothèque de la Pléiade»), 1988, p. 695. Pour tous les extraits de lettres citées dans le présent travail, on se réfère à cette édition : t. I (1830-1851), 1973 ; t. II (1851-1858), 1980 ; t. III (1859-1868), 1991 ; t. IV (1869-1875), 1998 ; t. V (1876-1880), 2007, éd. Jean Bruneau et Yvan Leclerc. Nous utiliserons l’édition électronique de la Correspondance, édition de Yvan Leclerc et Danielle Girard, pour les extraits des lettres qui ont été retrouvées récemment :
https ://flaubert.univ-rouen.fr/correspondance/edition/index.php
Dorénavant : Corr. (suivi du tome) pour l’édition de la Pléiade, et Corr., édit. électronique pour l’édition en ligne.
[4] Corr., t. IV, p. 813.
[5] La bibliothèque de Flaubert est reconstituée sur le site du Centre Flaubert dirigé par Yvan Leclerc (CÉRÉdI, université de Rouen Normandie) : les chercheurs peuvent y consulter la liste des ouvrages possédés par l’écrivain :
https ://flaubert.univ-rouen.fr/bibliotheque/05acc_ag.php
[6] « Mon cher ami, / Serez-vous à Rouen samedi prochain dans l’après-midi ? – vers 3 ou 4 heures, & où vous trouverai-je ? / J’aurais besoin de voir des perroquets et d’avoir sur eux le plus de détails possible, de connaître un peu leurs maladies et leurs mœurs », Corr., V, p. 71.
[7] « Mon cher ami / J’ai fait remettre aujourd’hui au muséum, le perroquet & les livres que vous m’aviez prêtés. – merci de l’un & des autres », Corr., éd. électronique, lettre à Georges Pennetier du 17 août 1876.
[11] B. Percheron, « Flaubert, les naturalistes rouennais et les théories biologiques de 1865 à 1880 », Flaubert. Revue critique et génétique [En ligne], 13, 2015 : http ://journals.openedition.org/flaubert/2425.
[12] G. Flaubert, Les dossiers documentaires de Bouvard et Pécuchet, édition intégrale balisée en XML-TEI accompagnée d’un outil de production de « seconds volumes » possibles, sous la dir. de Stéphanie Dord-Crouslé, 2012, http ://www.dossiers-flaubert.fr.
[13] A. Chevallier, Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avec l’indication des moyens de les reconnaître, Béchet jeune, Paris 1850,
http ://www.dossiers-flaubert.fr/b-1376
Volume I : https ://books.google.fr/books?id=EKQ5AAAAcAAJ
Volume II : https ://books.google.it/books?id=MucMAAAAYAAJ
[14] A. Chevallier, Dictionnaire…, t. 1, p. 66.
[15] Le nom de l’auteur du Dictionnaire apparaît toujours avec un seul l « Chevalier » alors que l’orthographe correcte est « Chevallier » ; « antidéluvien » au lieu de « antédiluvien » (f° 8r) ; « arseniate de cuivre » au lieu de « arsénite de cuivre » (f° 7v) ; « stomachale » au lieu de « stomacale » (dans le texte de Chevallier on trouve « stamachique ») (f° 8r) ; « On les jète » au lieu de « on les jette » (f° 8r) ; « papiers verts de tenture, préparés avec de l’arsénite de cuivre, rend les appartmt dangereux » au lieu de « …rendent les appartmt dangereux » (f° 8v) ; « ennivrement » au lieu de « enivrement » (f° 9v). Parmi les lapsus nous pouvons citer : « aéromètre » au lieu d’ « aréomètre » (f° 7r) ; « geneviève » au lieu de « genièvre » (f° 9v). Toutes ces altérations du texte sont repérables sur le site d’édition des dossiers documentaires de Bouvard et Pécuchet, dans la vue normalisée (pour les lapsus et les notes) et dans la vue enrichie (pour les fautes d’orthographe) :
www.dossiers-flaubert.fr/cote-g226_1_f_007__r____
[16] « Qques chimistes » = « quelques chimistes » (f° 8r) ; « Des cadavres d’hom » = « des cadavres d’hommes » (f.° 8r) ; « La mortalité des malades était plus gde » = « la mortalité des malades était plus grande » (f° 8r) ; « les appartmt dangereux » = « les appartements dangereux » (f° 8v).
[17] À propos des modalités de prise des notes chez Flaubert, voir l’étude de Stella Mangiapane, « De la citation à la paraphrase. Réécritures du savoir encyclopédique dans les dossiers de Bouvard et Pécuchet », in Rosa Maria Palermo Di Stefano, Stéphanie Dord-Crouslé et Stella Mangiapane, Éditer le chantier documentaire de Bouvard et Pécuchet. Explorations critiques et premières réalisations numériques, Messine, Andrea Lippolis Editore, 2010, p. 141.
[18] Bouvard et Pécuchet. Avec des fragments du « second volume », dont le Dictionnaire des idées reçues. Chronologie, présentation, notes, dossier, bibliographie par S. Dord-Crouslé. Édition mise à jour en 2008, Paris, GF Flammarion, 2008, p. 103.
[19] Les manuscrits de Bouvard et Pécuchet. Édition électronique du manuscrit intégral de Bouvard et Pécuchet, premier volume, sous la dir. de Yvan Leclerc et Danielle Girard, Centre Flaubert, [En ligne],
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/trans.php?corpus=pecuchet&id=7143, transcription de Nicole Sibireff.
[20] Transcription de Roseline Vacher.
[21] Transcription de Sawasaki Hisaki.
[22] Transcription de Sawasaki Hisaki.
[23] Transcription de Roseline Vacher.
[24] Transcription de Nicole Sibireff.
[25] Corr., t. IV, p. 843.


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