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Revue Flaubert, n° 6, 2006 | Flaubert, rêves, rêveries, hallucinations.
Numéro dirigé par Chiara Pasetti.

Documents : lectures de Flaubert

Alexandre Brierre de Boismont (1798-1881), Des hallucinations ou Histoire raisonnée des apparitions, des visions, des songes, de l'extase, du magnétisme et du somnambulisme, Paris, G. Baillière, 1845. VIII-615 p.
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k85074c

[Notes de Flaubert dans le Carnet 15, f° 13 r° et v°. Les références aux pages notées par Flaubert ne correspondent pas à l'édition numérisée par Gallica. Entre crochets, nous restituons les pages à cette édition.]
Des hallucinations, Brière de Boismont (relu en juillet 1869).
Un peintre anglais qui peut se représenter intégralement son modèle. « Toutes les fois que je jetais les yeux sur la chaise, je voyais l'homme. » (p. 39). Ce peintre devint fou. Ses portraits ne devaient pas être ressemblants. La mémoire trop exacte, agissant comme un appareil photographique, nuit à l'idéalisation qui seule fait vrai.
Wigan, New View of Insanity, the Duality of the Mind, London, 1834.

La Folie consiste dans l'impossibilité de faire des comparaisons. L'halluciné sait que ce qu'il voit est faux parce qu'il le compare aux objets ambiants. Mais le fou est complètement dupe de sa vision (55).

Les voix peuvent paraître externes ou internes, sortir de la tête, du ventre.
Théorie d'un fou sur l'enfer. « Là se rendent tous les sons qui se perdent sur la terre, toutes les lumières, tous les feux qui s'évanouissent dans les airs. » (p. 102)
L'illusion diffère de l'hallucination en ce qu'elle a pour base un objet sensible.

Quatre cents ans après la bataille de Marathon, on entendait chaque nuit dans ce lieu des hennissements de chevaux et le choc des armées. Tous les curieux ne distinguaient pas le bruit, tandis que ceux qui traversaient la plaine sans dessein prémédité l'entendaient parfaitement. (Pausanias, Attique) [p. 113]

Comment se font les miracles
Mme N., couturière, très pauvre, prise d'ophtalmie, continue à coudre, voit à la fois quatre mains, quatre aiguilles, quatre coutures. Elle avait une diplopie double à cause d'une légère divergence des axes visuels. D'abord, elle se rend compte du phénomène, mais, son indigence augmentant, elle s'imagina qu'elle faisait réellement quatre coutures à la fois, et que Dieu, touché de son infortune, faisait un miracle en sa faveur (p. 130).
Ravaillac croyait que le son qui sortait de son larynx avait la nature et l'éclat de celui qu'il aurait pu produire en embouchant une trompette.

Perversion de la sensibilité cutanée : quelques-uns, principalement les mélancoliques, prennent du plaisir à s'arracher la peau.


Alfred Maury, La Magie et l'astrologie dans l'Antiquité et au Moyen âge ou étude sur les superstitions païennes qui se sont perpétuées jusqu'à nos jours. - Paris, Didier & Cie, 1860, 450 p., 22 cm. Demi-reliure.
http://flaubert.univ-rouen.fr/bibliotheque/maury_annot.php

L'ouvrage se trouve dans la bibliothèque de Flaubert, conservée à l'hôtel de ville de Canteleu.
À la page 306, en marge de la note 3 ainsi conçue : « « Saint Chrysostome parle de démoniaques qui, malgré les menaces qu'on leur fait, malgré les chaînes dont on les charge, se refusent à sortir des cimetières », Flaubert a écrit : « pour hallucinations de St Ant » [lecture conjecturale].


Alfred Maury, Le sommeil et les rêves : études psychologiques sur ces phénomènes et les divers états qui s'y rattachent ; suivies des recherches sur le développement de l'instinct et de l'intelligence dans leurs rapports avec le phénomène du sommeil, Didier, 3e édition, 1865.
http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k770990

[Notes dans le Dossier de Bouvard et Pécuchet, BM de Rouen, Ms g 2265, f° 298 r° et v°. Extraits :]
Alfred Maury, Le sommeil et les Rêves, 1860.

En rêve comme dans le délire, & la folie, le fond de l'homme apparaît. il n'a plus de volonté & se livre, en idée, à tous ses appétits. - Le Rêve serait donc plus vrai que la réalité, puisque la Nature y paraît à cru.

La Foi aux Rêves ayant disparu on ne cite plus que rarement des songes prophétiques, tandis que l'antiquité nous en a rapporté un gd nombre.


Maxime Du Camp, « Les Hallucinations du professeur Floréal », Revue des Deux Mondes, 1er août 1861, p. 555-591 (nouvelle reprise dans Le Chevalier du Cœur-Saignant, Lévy frères, 1862).
Du Camp mentionne cette nouvelle dans sa lettre à Flaubert du 5 août 1861 (F.-Du Camp, Correspondance, Flammarion, 2000, p. 311).
http://visualiseur.bnf.fr/Visualiseur?O=30000000869705  



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